Ca, à la croisée de Stranger Things et de Freddy les Griffes de la Nuit

Etre fan de fantastique conduit forcément à avoir vu l’adaptation d’une des oeuvres de Stephen King. De Shining à Carrie en passant par La Ligne Verte ou plus récemment la Tour Sombre, ses romans sont une source d’inspiration qui ne pouvait échapper à l’industrie du cinéma ni à la télévision.Cette dernière a ainsi été la première à s’emparer de Ca en 1990 sous la forme d’une mini série de 2 épisodes. 27 ans plus tard, la réalisation de 2 longs métrages a été confiée à Andréas Muschietti qui avec son premier film Mama a obtenu le grand prix et le prix du public à Gérardmer en 2013.
D’ouest en est, Ca a sans surprise créé un véritable engouement pour l’ouverture de Festival du Film Fantastique de Strasbourg 2017 mais aussi durant celui du film américain de Deauville et lors de son avant première à Paris au Max Linder.
Dans la petite ville de Derry, les recherches sont depuis bien longtemps terminées depuis la disparation du petit Georgie Denbrough. Malgré tout son grand frère Richie n’entend pas se résigner et convint ses 3 amis à explorer les abords des égouts pour le retrouver.
Ils tombent sur Ben Hanscom, le nouveau de l’école un peu rondouillard qui comme eux se fait harceler par Henry Bowers et sa bande. Tête de turc chez les filles, la jeune Beverly et Mike un jeune noir également maltraité se joignent à eux assez rapidement.
Formant le club des ratés comme ils aiment ironiquement s’appeler, les 7 adolescents ont aussi en commun d’’être persécutés par une force maléfique qui prend la forme de ce qu’ils redoutent le plus dans la vie et prend parfois l’apparence d’un clown.

Avec un début particulièrement réussi et une capture totale de l’attention du spectateur, Andréa Muschetti prouve qu’il sait faire des films d’horreur. Sans trop en montrer et malgré l’inévitable édulcoration de l’oeuvre de King, sa version de Ca est la hauteur.
Toutefois au fur et à mesure que le film progresse, la tension s’amenuise et mis à part quelques jump scares heureusement peu nombreux, les scènes dans lesquelles chaque enfant du club des ratés doit affronter sa peur ne sont pas véritablement effrayantes.
Avec l’aide d’efficaces effets spéciaux, la photographie  des passages dans lequel intervient le clown Grippe-Sou demeure esthétiquement cauchemardesque surtout en fin de film et les références à Freddy les Griffes de la Nuit sont plus qu’explicites.
On retrouve concrètement l’influence de Wes Craven lorsque son film apparait à l’affiche d’un cinéma. De plus, dans l’accoutrement (t-shirt Airwolf et montre calculatrice Casio), les coupes de cheveux (le mulet), voire la musique (New Kids on the Block) la reconstitution des années 80 fourmille de détails.
Le jeu des acteurs est convaincant avec des répliques souvent drôles, à fortes connotations sexuelles pour certains comme cela est le cas entre ados. La prestation Sophia Lillis, seule fille du groupe se démarque nettement. Une carrière prometteuse au cinéma s’annonce très clairement pour elle.
De la comptine chantée par des enfants à la mélodie au piano sans oublier un thème typique des films d’aventure des années 80, la bande son composée par Benjamin Wallfisch s’accorde parfaitement à l’ambiance du film. Son savoir faire dans le domaine est indéniable comme ce fut le cas pour A Cure for Wellness.

Le cinéma est un écrin idéal pour la métaphore de Stephen King sur les peurs de l’enfance et le passage à l’âge adulte. A la croisée de Stranger Things et de Freddy les Griffes de la Nuit, il ne sera pas nécéssaire d’attendre 27 ans pour voir le second chapitre du film de Muschetti prévu en 2018.

Ca
En salle le 20 septembre 2017

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Entrepreneur High Tech, Gameur old School, Journaliste 2.0. La Quadrature du Cercle

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