Test de MotoGP 20

Toujours faire mieux, toujours faire plus fort… C’est un peu ce à quoi sont condamnés les éditeurs de jeux vidéo dès lors qu’ils sont sur leur titre phare. Et sans mauvais jeu de mot, Moto GP est une franchise importante pour Milestone. Alors, vers quoi peut-on aller pour faire toujours mieux ?

Quand les graphismes deviennent d’un réalisme presque banal (même si sur ce point j’aurais quelques récriminations), quand toutes les écuries sont présentes, quand on maîtrise la simulation de course… Et bien en poussant toujours plus loin le réalisme et la simulation. En particulier dans le mode gestion de carrière qui devient diabolique de détails dans ce vingtième opus.

Le jeu propose 4 modes :

  • un mode multi-joueurs qui malheureusement ne fonctionne qu’en réseau
  • un mode historique proposant de courir avec d’illustres pilotes sur des moto mythiques,
  • un mode carrière pour se créer un personnage et de le faire évoluer dans l’univers des grand prix
  • un mode rapide pour au choix participer à un grand prix, se lancer dans un contre la montre, ou participer à un championnat qu’on pourra réduire à 3 circuits de son choix.

Milestone a choisi de faire l’impasse sur la possibilité de jouer à 2 sur le même écran, en splitant l’écran. C’est un peu dommage car ça peut animer les fins de soirées, dans une ambiance arcade entre potes, Mais il faut mieux reconnaître que le coté arcade n ‘est pas le fort de ce jeu qui se veut avant tout être une simulation de grand prix moto, et dans cette optique il vaut mieux avoir l’intégralité de l’écran à sa disposition pour réussir à s’en sortir à peu près…

Le mode historique permet de se projeter dans les grandes heures de gloire du moto GP, de se mettre dans la peau de pilotes chevronnés et de chevaucher des motos mythiques. Enfin en théorie, car en pratique ça n’est pas tout de suite accessible. Il va falloir relever des défis réguliers (de différents niveaux) afin de collecter des points et de pouvoir débloquer tout ça.

C’est sympa ce côté défi à relever et ça allonge la durée de vie du jeu, mais il va falloir cravacher et être patient pour réussir à tout débloquer.

En tous cas l’ambiance est conservée, les motos proposées sont elles aussi fidèles aux originales, le bruits la prise en main… on fait un vrai retour en arrière.

Le mode carrière est le plus complet. Il ne va plus falloir être seulement bon pilote, il va aussi falloir être un fin stratège, gestionnaire… En effet, tout ici va avoir son importance, depuis le choix de votre agent, les ingénieurs que vous allez embaucher, les développements que vous allez réaliser… Sachant que, bien entendu, tout cela un un coût et qu’il va falloir optimiser les performances sous contraintes de ces coûts. Dans ce mode, les erreurs sur le circuit se paient cash, mais les mauvaises décisions stratégiques aussi…

Signe des temps, le nombre d’heures passées sur circuit se réduit au profit de celles passées à discuter réglages avec les ingénieurs, stratégie avec l’agent… Bref, tout “l’extra sportif” est mis en avant promettant des heures et des heures avant d’avoir épuisé les capacités du jeu.

L’autre point saisissant dans ce mode (entre autres) c ‘est le niveau de détails et de possibilités dans la customisation de votre pilote : le casque la combinaison, les sliders… mais aussi le style de pilotage (je me déhanche un peu, beaucoup, à la folie… je freine de 2 doigts, je n’ai que le pied gauche au sol lors des départs…).

Bien entendu, les aides au pilotage et les réglages sont tout aussi riches, allant même jusqu’à la structure des pneus utilisés (asymétriques ?).

On peut également jouer sur le niveau de l’intelligence artificielle des opposants. C’est très efficace, tout en restant tout de même assez challenging pour les débutants.

Tout est paramétrable même les conséquences des chutes : nulles, esthétiques, ou mécaniques.

Lors des grands prix on peut choisir de faire toute la grille des essais, ou d’en sécher tout ou partie, pour attaquer plus vite la course (quitte à commencer dernier…).

Mais qu’en est-il une fois sur la piste ?

Visuellement d’abord, le jeu est assez bluffant tant qu’on reste sur la partie circuit/moto. La gestion des chutes est vraiment intéressante. Les petites glissades restent en caméra embarquée, avec une image qui saute (normal), et les plus gros crashs changent de point de vue pour passer en caméra extérieure qui ne rate rien de votre glissade ou tout autre figure de style.

Idem pour les conditions météo, que ce soit en plein soleil ou sous une pluie battante les sensations sont bien respectées.

Au delà, ou pourrait être un peu déçu par certains graphismes et en particulier celui des umbrellas girls. qui paraissent un tantinet figées. Elles sont pourtant très présentes avant les départs….

C’est dommage car d’autres détails sont très pertinents : la sortie de pied de Rossi lors de gros freinage, la sortie des stands debout sur les cales pieds, avec un petit réajustement de la combinaison que Rafa (dans un autre sport) n’aurait pas renié…

Au niveau du pilotage le jeu est très précis. La science de la trajectoire s’impose, d’autant plus quand vous commencez en moto 3 où la sensation de vitesse est moindre, mais la moindre erreur de trajectoire vous fait perdre plusieurs places. Je conseille, vivement aux débutants de commencer par se faire la main en moto 3. On atteint lentement les 230 km/h ça parait mou sur circuit, mais on peut plus facilement suivre les trajectoires, comprendre les conséquences d’une sortie trop large, et commencer à apprendre les circuits. Au bout d’un moment ça lasse un peu, le moteur bourdonne, on a vite envie d’attaquer la catégorie au-dessus …

En moto GP ce n’est pas la même histoire. Le circuit qui paraissait large et interminable devient étroit et petit (en sensation). On est tout de suite à plus de 200 et on termine les ligne droite à plus de 300. Forcément là il va falloir connaitre le circuit, avoir des réflexes, et affûter ses trajectoires. La sensation de vitesse est bien là. La moto dérape sur les glisseurs, sur les bordures, il faut faire attention à la remise des gaz (tout dépend des aides à la conduite qu’on a sélectionnées), c’est très jouissif mais ça reste une simulation qui peut mettre les nerfs à rude épreuve.

Au final ce vingtième opus est-il réussi ? Sans aucun doute, graphisme, réalisme, gestion de carrière… Tout est là pour assurer la pérennité de la franchise. On pourrait juste regretter quelques détails comme certains graphismes, l’impossibilité de jouer à 2 sur le même écran, et un léger manque de fun qui se dégage du jeu. Mais bon, une simulation reste une simulation…

MotoGP 20
Disponible sur PS4, Xbox One, Switch et PC

Cet article a été écrit par Hendpton

MotoGP 20

62.33
7.5

Général

7.5/10

Pour

  • L'aspect simulation
  • La sensation de vitesse
  • Le coté gestion de carrière

Contre

  • Pas de jeu à 2 sur le même écran
  • Umbrella Girls figées

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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