No Straight Roads, un jeu indép qui vaut le détour

Discrètement de prestigieux AAA comme Mortal Kombat X, Uncharted 4 ou encore Dark Soul ont été en partie developpés en Malaisie. Situé à Kuala Lumpur le studio Metronomik démontre-il avec No Straight Road qu’à son niveau la scène indep locale excelle tout autant ?

A Vinyl City, le rock est un genre complètement délaissé. En essayant de lui redonner ses lettres de noblesse, Mayday et Zuke espèrent pour leur première télé convaincre le jury appartenant au label NSR. Malheureusement ces derniers n’ont d’oreilles que pour leur propre intérêt. Le duo entreprend de leur faire entendre raison…

Du nom du label oppressant la ville, No Straight Road est un jeu d’aventure action de type combat de boss qui emprunte quelques mécaniques au jeu de rythme. On peut voir dans la lutte que mènent le duo contre le monolithique NSR une parabole applicable au cinéma, dans les nouvelles technologies et même dans le jeu vidéo.

A la création d’une nouvelle partie, il est proposé de jouer le mode campagne en solo avec la possibilité de passer à tout moment d’un personnage à l’autre ou alors d’opter pour de la co-op sur le même écran. Il s’ensuit l’audition de Junk Bed Junction le groupe de May et Zuke qui sert en fait de tutoriel.

Les 2 musiciens possèdent un caractère spécifique que l’on retrouve dans leur jeu. Puissante et belliqueuse Mayday avec sa guitare inflige de lourds dégâts tandis que Zuke réservé mais bien plus rapide réalise d’impressionnants combos. Leurs compétences seront amenées à évoluer en fonction du nombre de fans acquis.

Outre la défaite des boss, les phases d’exploration qui entrecoupent les combats sont un excellent moyen d’en gagner. Il suffit de collecter de capsules de Qwasa, l’énergie monopolisée par NSR alimente la ville grâce à la musique. Quoi de plus populaire que de la délivrer aux structures des quartiers qui en sont dépourvues.

La direction artistique dans le style cartoon est magnifique. Développé sous Unreal Engine 4, l’animation des personnages est fluide et chaque quartier possède une âme qui lui est propre. Les graphismes fourmillent de détails et bien qu’extrêmement colorés, ils flattent la rétine par leur esthétisme travaillé.

Stratégique, pour contrer les attaques, la musique composée par le groupe Funk Fiction comprend du rock, de l’électro, de la k-pop et même du classique. Avec entre autres Kelly Marrot et Donald Reignoux la version française a bénéficié de la crème du doublage hexagonal mais aussi d’influenceurs autochtone pour faire le buzz.

S’il est bien pratique de jouer en mobilité, le portage du jeu sur souffre de quelques concessions. Certains éléments visuels invisibles au loin surgissent tout d’un coup quand on se rapproche (effet pop). Il arrive aussi parfois durant les cinématiques que la synchronisation labiale accuse un perceptible retard.

Avec en fondateur, Wan Hazmer concepteur de FFXV et Daim Dziauddin illustrateur de Street Fighter, Metronomik possède l’essence d’un grand studio sans pâtir de ses inconvénients. Avec une durée de vite satisfaisante de 10h, l’excellence de No Striaght Roads  prouve que cette alchimie est une piste à suivre pour la scène indep qu’elle soit malaisienne ou d’ailleurs.


No Straight Roads
Disponible maintenant sur PS4 et Xbox One, le 15 septembre en physique sur Nintendo Switch

No Straight Roads

39.99
8.5

Général

8.5/10

Pour

  • La musique et la VF
  • Les graphismes
  • L'esprit rock

Contre

  • Synchronisation labiale des cinématiques

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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