Othercide, l’expérience cérébrale de Lightbulbcrew

Comme au cinéma, le mélange des genres est en vogue dans le monde vidéoludique et encore plus dans les productions indépendantes. Après Games Of Glory, le studio Lightbulbcrew propose une expérience mêlant stratégie au die and rertry. Le pari Othercide s’avère il trop osé ?

Pendant des siècles, la Mère a protégé l’équilibre des forces entre le réel et l’irréel. Après avoir défait les sbires de Souffrance dans la Ville rongée par la peste, elle ne peut que s’incliner face à la puissance de l’enfant élu. Il revient désormais aux Sœurs de la guerrière de prendre la suite de son combat.

Othercide débute par un tutoriel où l’on incarne la Mère. Les notions élémentaires acquises, vient la maitrise des techniques d’attaque, de défense envers des unités de base. L’importance de la chronologie des actions représentée par une frise temporelle en bas de l’écran est enfin soulignée.

Après la défaite de la mère s’affiche la chronocarte. Elle permet de sélectionner une mission et de gérer les Sœurs. Avec l’une destinée aux duels de mêlée et une autre pour les attaques à distance, il est proposé d’en créer une troisième de la classe de 2 premières ou de celle taillée pour la défense.

Quand une mission prend fin, il est possible de recommencer en ayant accès à davantage d’Eclats la ressource obtenue en cas de victoire. Gagner permet aussi de débloquer des compétences à attribuer aux Sœurs. Les souvenirs obtenus en tuant des ennemis permettent de les développer.

Le cœur stratégique d’Othercide réside dans l’impossibilité de soigner une combattante autrement que par le sacrifice d’une autre de niveau égal ou supérieur. La sœur recevra alors une partie des pouvoirs de celle qui rejoindra le cimetière. Une résurrection est possible mais sans les souvenirs préalablement acquis.

La direction artistique néogothique d’Othercide n’est pas sans rappeler l’esthétisme de Sin City avec son emploi du noir et blanc et de quelques touches de rouge. Le design stylisé des Sœurs avec leur postures guerrières contraste bien avec le look cauchemardesque d’un bestiaire digne de Bloodborne.

En utilisant Unity, les développeurs ont lucidement opté pour des plans 2D en guise de cinématiques plutôt que de grossières animations 3D. Durant les phases de combats, les animations sont fluides mais l’impossibilité de faire tourner la camera limite un peu l’appréciation propre et figurée des environnements.

Pour sa première fois sur un jeu vidéo, Pierre le Pape créateur du métal opéra Melted Space a su à grands renforts de batterie, de guitares électriques et de violons retranscrire l’ambiance torturée d’Othercide. Si toutes les voix sont en anglais sous titrées en français, l’intégralité des menus est bien dans la langue de Molière.

Déroutant, Othercide propose une approche originale du jeu de stratégie au tour par tour. Avec une jouabilité reposant sur la répétition et le sacrifice de ses personnages, sa durée de vie atteint facilement les 40h. Il découragera les moins patients mais les autres apprécieront une véritable expérience cérébrale.


Othercide
Disponible sur PS4, Xbox One et Nintendo Switch

Othercide

39,99
7.5

Général

7.5/10

Pour

  • L'esthétisme
  • La mécanique du sacrifice
  • La musique de Pierre le Pape

Contre

  • L'impossibilité de faire tourner la caméra

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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