Kyma, l’onde mystérieuse n’a rien d’une chose étrange

Sélectionné au 18ᵉ Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, Kyma, l’onde mystérieuse s’apprête à investir les salles le 5 août prochain. Si aucun prix n’est venu saluer son passage en Alsace, la proposition de Romain Daudet-Jahan est-elle suffisamment singulière pour justifier une séance sur grand écran ?

Tony voit son quotidien bouleversé lorsqu’il entre en contact avec une mystérieuse entité baptisée Kyma. Invisible, cette forme de vie communique uniquement par les ondes et peut agir sur la matière. Cette rencontre entraîne l’adolescent et ses amis dans une aventure où fascination et danger se côtoient.

Dans la lignée du cinéma fantastique familial porté par Spielberg dans les années 80, Kyma, l’onde mystérieuseprivilégie le mystère à la démonstration. Romain Daudet-Jahan développe les idées déjà esquissées dans son court métrage Les Champs magnétiques pour leur donner ici une dimension plus ambitieuse.

Dans la continuité de l’économie de moyens qui caractérisait ce dernier, le réalisateur laisse au spectateur le soin de compléter ce que l’image ne montre pas. À l’image du Monstre de l’Id dans La Planète interdite, il concentre les effets spéciaux sur les manifestations de Kyma plutôt que sur la créature elle-même.

Les paysages du Grand Est offrent un décor crédible à l’aventure, mais ne suffisent pas à masquer une écriture balisée. L’interprétation des jeunes comédiens manque de naturel et certains dialogues paraissent artificiels. Cette faiblesse surprend d’autant plus que Romain Daudet-Jahan a déjà démontré son aptitude à diriger des jeunes.

Dans Les Champs magnétiques, la prestation particulièrement juste de Léonie Dahan-Lamort, révélée depuis dans La Morsure, dégageait une spontanéité qui fait ici défaut. La complicité forcée entre Lucy Loste Berset, Jules Lefebvre et Mamadou Haïmara nuit à l’attachement que l’on pourrait éprouver pour leurs personnages.

Les comédiens adultes affichent une interprétation plus convaincante que leurs jeunes partenaires. Malheureusement, leurs personnages, à commencer par les antagonistes, manquent d’épaisseur et de charisme. Une faiblesse d’écriture qui réduit leur présence à l’écran malgré l’investissement des acteurs.

Bien que sa vocation soit d’offrir un divertissement familial, Kyma, l’onde mystérieuse glisse une critique, certes convenue mais louable, de la volonté humaine de s’approprier tout ce qui lui échappe. Face à une forme de vie inconnue, l’émerveillement laisse rapidement place à la convoitise et au désir de domination.

L’univers acoustique constitue l’un des piliers du récit. Les vibrations, les silences et les résonances forgent une identité particulièrement forte. Sans jamais prendre le pas sur cette palette, le compositeur Grégoire Letouvet signe une bande originale aérienne qui accompagne avec finesse cette mise en scène du son.

Kyma, l’onde mystérieuse confirme l’attachement de Romain Daudet-Jahan au cinéma de genre. Loin d’être un Stranger Things à la française, le film trouvera davantage sa place au détour d’une soirée sur Netflix. Les curieux gagneront à découvrir Les Champs magnétiques, le court métrage dont il s’inspire, disponible sur YouTube.


Kyma, l’onde mystérieuse
Sortie en salles le 05 Aout 2026

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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