L’ile de Giovanni [Critique]

giovanni1L’ile de Giovanni est le dernier né du studio d’animation Production I.G  J’ai tellement apprécié la qualité et la sensibilité de leur précédent film la lettre à Momo que je me suis procuré le blu ray dès sa sortie en février.  Aussi lorsque l’on ma proposé d’assister à l’avant première de leur toute dernière production je n’ai pas hésité une seule seconde pour accepter.

giovanni6L’histoire se déroule juste après la défaite du Japon à la fin de la seconde guerre mondiale. Grâce à mon génial prof d’histoire au lycée, je savais que la prise de parole de l’empereur du japon à la radio représentait un événement extraordinaire pour les japonais qui le considéraient alors comme une quasi divinité. Par contre j’ignorai qu’avec la reddition du Japon, l’Union soviétique annexa en récompense pour son effort de guerre la Sakhaline du sud et certaines iles japonaises.
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C’est dans ce contexte historique difficile que nous découvrons la vie de la  famille Seno composée de  2 petits garçons Junpei et Kanta, leur père Tatsuo, commandant des forces d’autodéfense de l’ile, leur oncle Hideo contrebandier et leur grand père Genzo pêcheur. Sur leur ile de Shikotan désormais sous contrôle russe, le quotidien sous occupation s’avère difficile voire dangereux.
giovanni10Seulement quand on les regarde avec des yeux d’enfants certains évènements sont perçus bien différemment en particulier quand il revêtent les traits de la jolie Tanya la fille du commandant des troupes soviétiques de l’ile.

giovanni12Réalisé par Mizujo Nishikubo, ce film est une adaptation historiquement très proche de ce qu’a vécu Hiroshi Tokoku avec son frère sur l’ile de Shikotan. En mélangeant à cette histoire une nouvelle qui parle de deux garçons voyageant à travers la voie lactée à bord d’un train, le réalisateur apporte habilement quelques touches subtiles de féérie.

giovanni11Elles accentuent ainsi sa volonté de nous faire retourner en enfance pour encore mieux nous identifier à Junpei. Surtout qu’en laissant les personnages russes parler russe et les japonais parler japonais, l’immersion est totale.
giovanni3Tout comme pour la soirée Metro Last light avec Dmitri Gluckohvski, j’ai pu avec plaisir réviser mes rudiments de russe en particulier durant les chansons où le rôle fédérateur et universel de la musique est très bien démontré.

giovanni5Du point de vue de l’animation, le film recèle 2 styles différents. Alors que les scènes au présent sont dessinées de manière très réalistes et plutôt classiques , celles qui se passent en 45 apparaissent plus chaleureuses comme faites au pinceau avec des perspectives déformées. Ce style unique est propre au directeur artistique Santiago Montiel qui a travaillé entre autre pour le studio français Ankama, notamment sur un épisode de la série Wakfu.
giovanni15En allant voir L’ile de Giovanni, j’étais loin de me douter que j’allais passer au travers d’émotions aussi contrastées. En 1h42 ce film m’a apporté ce que j’attends du cinéma. Pédagogue, émouvant, poétique parfois candide mais tout en étant lucide  c’est un véritable plaidoyer pour une humanité qui saurait dépasser les différences de couleurs de races et de pays.
giovanni14bIl est certain que je guetterai sa sortie en blu ray pour compléter ma collection mais c’est vraiment un film qui mérite qu’on aille le voir en salle. Oн уверен (c’est certain)

L’ile de Giovanni / Остров Джованни
Dans les salles 28 Mai 2014

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

Commentaires

    […] et expliquant les nombreux détails caractéristiques de son travail. De Michel Ocelet à Yoshiki Sakurai de nombreux témoignages des personnes ayant collaboré de loin ou de près avec lui (doubleurs, […]

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