Control, du Remedy pour tous

Quantum Break a clairement pâti de son exclusivité Xbox et n’en déplaise aux perpétuelles Cassandre du jeu vidéo, le précèdent titre de Remedy regorgeait de qualités. Le partenariat avec Microsoft ayant pris fin en 2017, le studio finlandais peut enfin proposer sur la console de Sony, Control, sa toute nouvelle licence.
En rendant dans les locaux du Federal Bureau of Control, Jesse Faden se voit promue directrice. Grâce à ses pouvoirs elle n’est pas affectée par le Hiss, une entité qui a pris le contrôle d’une grande partie des employés. Elle entreprend alors d’enrayer le mal tout en partant à la recherche son frère Dylan enlevé par l’organisation 17 ans auparavant.
Control est un jeu d’aventure action en vue à la troisième personne (TPS). Par son esthétique, sa jouabilité et les thèmes abordés, il est marqué Remedy avec ses clins d’oeil à Alan Wake et son style narratif. D’ailleurs bien que Mikarl Kasurinen soit aux commandes, Sam Lake à la coréalisation et à l’écriture n’est pas vraiment loin.
Autre caractéristique du studio, le recours à des acteurs notamment de séries pour la modélisation des personnages. Ainsi sont présents au casting Mattew Poretta, James McCaffre et la sculpturale Courtney Hope d’Amour Gloire et Beauté. Celle qui prête ses traits à Beth Wilder dans Quantum Break tient avec force et sensibilité le rôle principal.
La prise en main de son personnage est agréable grâce à une gestion souple de la caméra et un arsenal illimité en munitions mais au temps de recharge délibérément lent. Jesse récupère de la santé en collectant ce qui reste des ennemis après élimination. La collecte d’objets laisse le soin au joueur d’en savoir plus sur l’histoire.

Les affrontements sont nerveux et le bestiaire bénéficie d’une intelligence artificielle bien programmée surtout pour les boss de fin de chapitre. Rétro-futuriste, la direction artistique est saisissante par son coté giallo froid et inquiétant. Très orwellienne, l’Ancienne Maison est comparable au Service des Recoupements du Brazil de Terry Guilliam.
Les graphismes sont aussi dans la continuité de l’historique Remedy puisque Control a bénéficié de Northlight le moteur graphique maison. La qualité et le réalisme des cinématiques n’arrivent toutefois pas à faire oublier l’excellente idée dans Quantum Break de proposer parallèlement au jeu une véritable mini-série.
Le scénario fait penser à l’une des meilleures missions de Beyond Two Souls lorsque Jodie doit investir le laboratoire. Control capte efficacement l’attention du joueur avec cette sensation que n’importe quoi peut arriver. Employer les facultés psychiques évolutives de Jesse pour se tirer d’affaire s’avère terriblement jubilatoire.
La musique et les bruitages contribuent aussi fortement à la création de cette ambiance particulière. Ayant déjà oeuvré avec Remedy, Petri Alanko est à l’aise dans l’exercice. De sa coopération avec Martin Stig Andersen, reconnu pour son travail sur Limbo résulte une bande son envoutante aux sonorités électro-fantastiques.
Control est une grande aventure vidéo ludique, intrigante, captivante avec une durée de vie d’au minimum 12 h et la possibilité d’étendre de moitié l’expérience. Espérons que Remedy résistera désormais aux sirènes de l’exclusivité pour ses créations futures. Concernant celles passées, il semblerait que l’ouverture soit déjà en marche…

Control
Disponible sur PC, PS4 et Xbox One

Control

48.99
9

Global

9.0/10

Pour

  • Scénario
  • Jouabilité
  • Direction Artistique

Contre

  • Pas de mini-série à la Quantum Break

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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