Test de Shadow of the Colossus, voués à disparaitre

Comme bien d’autres industries celle du divertissement videoludique n’échappe pas aux bouleversements apportés par la mobilité. Inhérentes à cette révolution, plus de dématérialisation, de DLC, de découpage en épisodes et de battleroyalisation transforment peu à peu les consoles en Google Home du jeu vidéo pour les éditeurs.
Face à ces changements se multiplient des remakes de titres, témoins d’une autre façon de penser le jeu vidéo. Si Final Fantasy VII, Shemue, Dark Souls sont annoncés pour les mois à venir Shadow of the Colossus l’oeuvre si particulière du Fumito Ueda est d’ores et déja disponible dans les bacs.
Chargé de la remasterisation de ce jeu avec Ico sur PS3 en 2011, le studio Bluepoint Games est revenu à la charge avec cette fois une complète refonte du jeu pour PS4. Un cavalier transporte jusqu’à un temple reculé le corps d’une jeune femme. Pour la sauver, il y implore Dormin capable de contrôler les âmes de mort.
L’entité accepte à condition que le possesseur de l’épée Antique abatte 16 colosses. En brandissant l’arme vers la lumière du soleil, les rayons renvoyés le guideront vers son objectif. Sans hésiter une seule seconde, le malheureux entame alors une croisade aussi héroïque que désespérée.
Shadow of the Colossus est un jeu d’aventure action en mode ouvert. Avec en seule boussole une épée détectrice solaire de colosses il arrive de se perdre dans cette immensité. En chevauchant Agon votre fidèle destrier l’exploration de la carte est l’occasion de découvrir des paysages tellement magnifiques qu’il est impossible de s’en lasser.Mise à part les colosses, peu de créatures peuplent ce monde étrange. La faune est ainsi composée de quelques oiseaux et d’épars lézards qui servent à se requinquer. Utile pour les  sauvegardes, se recueillir devant les temples disséminés restaure aussi la jauge de vie tandis que récupérer quelques fruits sur les arbres avec l’arc augmente l‘endurance.
Cette aptitude est importante pour affronter les colosses car après avoir compris comment leur grimper dessus, il faut pouvoir s’accrocher suffisamment longtemps pour trouver leurs points faibles et y plonger l’épée Antique. La majesté des colosses est telle qu’une fois éliminés on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine empathie à leur égard.
On se sent comme Hellboy à la mort du dieu végétal dans le film de Guillermo del Toro : les légions d’or maudites. Si l’animation du héros est un peu rigide, que surviennent de temps à autres quelques bugs de collision et que la camera s’emballe parfois quand on est accroché à un colosse, la jouabilité originelle n’est en rien entachée et la magie opère toujours.
Finir le jeu en mode normal nécessite environ 9h. Il sera possible de recommencer l’aventure en mode miroir ou de jouer contre la montre grâce au mode Time Attack qui sera alors débloqué. Parcourir la galerie d’images pour apprécier le travail accompli entre la version originale et l’actuelle ou s’émerveiller devant les concepts visuels est incontournable.
Si après avoir joué Mozart, le silence qui suit aussi est de lui. , il ne sera pas rare à la suite d’une partie de Shadow of the Colossus que la musique vous reviennent en tête. Mélancolique, se rapprochant parfois d’un requiem ou alors totalement épique, les compositions de Kow Otani  marquent le jeu de leur empreinte asseyant son status de chef d’oeuvre videoludique.

Après The Last Guardian et en attendant le remaster d’Ico, n’hésitez pas à remonter en sens inverse la trilogie de Fumito Ueda. Comme les colosses du jeu de tels monstres de poésie visuelle, auditive et interactive sont voués à disparaître vu l’actuel chemin emprunté par les nouvelles licences AAA.

Shadow of the Colossus
Disponible sur PS4

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Entrepreneur High Tech, Gameur old School, Journaliste 2.0. La Quadrature du Cercle

Commentaires

    […] Après Shadow of the Colossus, les remasters de grands classiques du jeu vidéo se succèdent. Dans la catégorie simulation automobile de type arcade figure Burnout Paradise. Edité par Electronic Art et développé par Criterion Games le 10ème opus de cette saga âgée de 18 ans a t il conservé toute sa saveur ?Le synopsis est d’une grande simplicité. Il s’agit d’explorer comme on l’entend une ville dénommée Paradise City où « chaque route est un défi ». Tout au long du jeu, DJ Diabolica la voix de la radio Crash FM vous servira de guide pour d’abord comprendre les mécaniques de base et par la suite suggérer d’éventuelles actions à mener. La première voiture à disposition à la casse est une Hunter Cavalry de catégorie cascade conçue pour les sauts et les vrilles. En piteux état, il faudra la conduire au garage le plus proche. Une mini carte et des panneaux indiquant la route et les intersections à venir permettent de se repérer. Entre les traques où en se rendant à un point précis, il faut échapper à ses poursuivant, les records de vitesse à battre, les cascades à exécuter et les Road Rage où dans un temps imparti l’on doit provoquer le crash des autres pilotes tout en préservant son véhicule de la destruction, les épreuves ne manquent pas dans Paradise City. Pour en débuter une, il suffit de s’arrêter à un feu rouge et d’accélérer tout en freinant. Maintenir une voiture sur place de cette façon fait « bruler » ses pneus et c’est la définition du « burnout » Utile durant les traques, le boost qui permet augmenter temporairement la vitesse d’un véhicule s’obtient en faisant le plein dans des stations service. Gagner améliore votre permis afin d’obtenir de nouvelles voitures jusqu’à décrocher le Burnout. En dehors des épreuves, trouver des raccourcis, détruire les panneaux publicitaires, changer la couleur de votre voiture à l’atelier de peinture, effectuer en course libre des Takedown à un autre pilote pour récupérer sa voiture, Burnout Paradise fourmille d’actions annexes. Outre le fait que le jeu tourne sur les consoles de 8eme génération + (PS4 Pro, Xbox One X) à 60 FPS et en 4K, les graphismes de cette nouvelle version sont moins ternes, plus colorés et les textures ont été bien améliorées même si la version de Paradise sur PS3 n’a pas à rougir de la comparaison avec ses 10 ans d’âge. Les 8 DLC sortis à l’époque sont réunis dans cette édition. […]

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