The 9th Charnel, Mutant désolation

Se tourner vers le jeu vidéo fantastique représente-t-il une véritable alternative au cinéma de genre alors que la 33e édition du festival de Gérardmer vient de se terminer ? Lancé le 30 janvier, au moment même où l’horreur sévissait dans les Vosges, The 9th Charnel parvient-il à faire naître un frisson digne d’un bon film d’horreur indépendant ?

Michael J. Jones et ses deux collègues généticiens subissent une sortie de route. L’accident les isole brutalement. Nadia disparaît. Daniel meurt après une tentative d’escalade. Livré à lui-même, Michael n’a d’autre choix que d’explorer les environs. L’endroit dévoile une atmosphère troublante. Chaque rencontre accentue l’étrangeté de la situation.

The 9th Charnel se présente comme un jeu de survie horrifique à la première personne développé par Saikat Deb Creations. Le titre constitue le tout premier projet du studio indien. Saikat Deb a développé le jeu en solitaire et est parvenu à transformer une démo de quinze minutes en une expérience complète grâce au soutien de l’éditeur Soedesco.

Le jeu débute par trois cinématiques distinctes, suivies de quelques indications permettant de comprendre les commandes essentielles. Les actions se limitent au déplacement, à l’interaction avec l’environnement, les objets, les personnages non jouables, ainsi qu’à la gestion de l’inventaire. Des objectifs apparaissent parfois pour orienter la progression.

Le but de The 9th Charnel consiste à s’échapper d’un environnement cauchemardesque en résolvant différentes énigmes basées sur l’observation et l’exploration. Les interactions se montrent simples. Le gameplay mise sur la lenteur et la tension. Lors des 2/3 de l’aventure, éviter les confrontations et privilégier la dissimulation constitue la meilleure approche.

Chaque erreur de jugement peut entraîner une conséquence immédiate et souvent brutale. Le dernier tiers du jeu autorise toutefois une approche plus offensive, sans caractère obligatoire, mais clairement libératrice. Dépourvu de réglage de difficulté, le titre se montre étonnamment généreux durant cette section.

Le rythme mesuré, la narration cryptique et l’absence de repères clairs constituent des partis pris forts. Cette radicalité forge une identité marquée, mais elle limite également l’accessibilité. Le jeu privilégie la suggestion à l’explication. L’immersion gagne en intensité, mais l’expérience exige une attention constante.

Développé sous Unreal Engine, The 9th Charnel adopte une esthétique sombre et granuleuse. Les textures imparfaites renforcent une sensation de décrépitude, appuyée par des éclairages volontairement limités. Le gore se fait discret. L’horreur s’exprime principalement par la suggestion, malgré quelques effets de sursaut bien placés.

La bande-son privilégie des nappes sonores étouffées aux compositions mélodiques traditionnelles. Les bruits d’ambiance oppressent. Les silences inquiètent. Les variations subtiles désorientent. Saikat Deb utilise le son comme une véritable arme psychologique. Le doublage anglais, sous-titré en français, bénéficie d’une interprétation convaincante.

Inspiré par Alien Isolation, avec une ville isolée en guise de vaisseau, et des créatures mutantes au lieu d’Aliens, Saikat Deb signe une performance remarquable pour un premier jeu. Si ’aventure se boucle en environ quatre heures et sa rejouabilité demeure limitée, ce Mutant Desolation confirme le potentiel d’un créateur à suivre de très près.


The 9th Charnel
Disponible sur PC, en physique sur PS5, Xbox Series

The 9th Charnel

29,98
8

Général

8.0/10

Pour

  • Atmosphère
  • Jouabilité
  • Disponible en physique

Contre

  • Réservé aux amateurs de genre

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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