Solo A Star Wars Story, western des jours heureux

Calquée sur la mécanique des séries, faire des suites de films est une affaire particulièrement rentable. Passés les premiers opus, l’univers est en place, les scénaristes n’on plus qu’à se concentrer sur l’évolution des personnages, les couts de production sont davantage maitrisés et le public pour une grande part est fidélisé.
Suivant cette logique, il arrive lorsqu’un personnage s’avère charismatique qu’une série lui soit consacrée. Inévitablement ce phénomène s’applique aux grandes sagas du cinéma et pour une histoire aussi mythique que la trilogie Star Wars, quel autre choix plus évident que celui de Han Solo ?
Dans les bas fonds de Corellia un chef de gang recueille et terrorise des enfants pour qu’en retour le fruit de leurs rapines lui profite. Parmi eux un certain Han voit dans son dernier butin l’opportunité de changer de vie. Il choisit de s’enfuir avec sa petite amie Qi’ra. Rattrapée in extrémis, le jeune homme se jure de revenir la libérer.
Entre les fans de la premières heure, la génération qui a grandi avec Jar Jar et ceux qui découvrent la saga via son reboot il est compliqué de satisfaire tout le monde. Engager comme réalisateur Ron Howard acteur de la série Happy Days ayant déjà versé dans le fantastique avec Willow dans les années 80 et Dan Vinci code en 2006 est clairement un choix de raison.
Situé entre les épisodes 3 et 4 l’histoire est cohérente avec la période « Georges Lucas » et apporte quelques réponses à certaines questions que l’on peut se poser concernant Han, ses connaissances et ses exploits. Toutefois pour un personnage aussi flamboyant, l’intrigue manque quelque peu d’audace reprenant fidèlement de nombreux codes du western.
S’il est impossible de faire aussi bien qu’Harrison Ford, Alden Ehrenreich fait de son mieux en essayant d’adopter la cool attitude d’Han Solo malheureusement et bien qu’il soit encore jeune le propriétaire du Faucon Millenium est aussi bad ass et cet aspect fondamental du charisme d’Han Solo est un peu trop gommé.
Pour séduire les millenials tout en incarnant un personnage féminin fort Emila Clarke de Game of Throne occupe le rôle classique de la petite amie du héros. Figure pop des années 2010 à l’image du succès de sa chanson “This is America”, Donald Glover campe avec réussite un Lando Calrissian bonimenteur et séducteur mais insuffisamment exploité au final.
Plus de champs a ainsi été laissé à Woody Harrelson (Hunger Games, la Planète des Singes : La Suprématie) en modèle paternel. Comparable aux activistes du mouvement de défense des noirs Black Live Matter le militant robot L3-37 au comportement très afro américaine est aussi embarrassant qu’a pu l’être Jar Jar Bings durant l’épisode 1.
Sans être spectaculaires, les effets spéciaux sont efficaces et les jeux de lumière notamment dans les tripots sont bien travaillés. La caméra de Ron est plutôt dynamique et l’on ne s’ennuie pas tout au long des 2h15 que dure le film. Il est dommage que de nouveaux thèmes, ingrédients indissociables au souffle épique de la saga, n’aient été créés pour l’occasion par John Williams.
Solo : A Star Wars Story est un bon western futuriste qui n’heurtera pas les fans « ouverts » de la saga et pourra intéresser les personnes imperméables au culte. Il occupe totalement son rôle de spin off ne rivalisant avec aucun des épisodes majeurs mais faisant jeu presque égal avec Rogue One maison en étant un peu en dessous tout de même.

Solo : A Star Wars Story
Sortie le 25 mai 2018

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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