DiY : ajouter une seconde batterie à la Xiaomi M365

Dans quelques jours, cela fera deux ans que j’utilise ma Xiaomi M365, une des trottinettes électriques les plus vendues au monde. Je passerai le fait que depuis quelques mois et avec l’avènement des trottinettes en libre-service, ces nouveaux moyens de déplacement sont passés d’un objet étrange à un objet haïs de – presque – tous, bref. Après près de 3000 km avec, et le passage à la roue arrière pleine, j’ai récemment senti une réelle baisse d’autonomie passant d’environ 15 km à une petite dizaine.

Après quelques recherches sur internet, j’ai appris qu’il était en réalité assez simple d’augmenter l’autonomie de sa trottinette, et cela vaut en réalité pour n’importe quel appareil équipé d’une batterie. En effet, pour améliorer les performances de sa batterie on a clairement deux choix : changer sa batterie pour une plus puissance, ou garder sa batterie actuelle et en rajouter une deuxième. Le premier choix étant impossible pour la M365, je me suis lancé, avec un peu d’huile de coude, dans l’ajout d’une seconde batterie.

Avant de vous détailler ce que j’ai fait, un petit rappel : bien que le principe de fonctionnement et la théorie sont simples, ceci n’est pas dénué de risques (jouer avec des batteries est assez dangereux). Pensez-y à deux fois avant de vous lancer, mais je vous assure, étant parfaitement l’inverse d’un bricoleur et aussi maladroit que Mr Bean, j’ai réussi !

Passons avant la pratique à la théorie. La batterie qui équipe la M365 est une combinaison de 30 cellules Li-Ion 18650. Pour vous donner une idée, une cellule est une sorte de grosse pile.

Une cellule Li-Ion 18650

La batterie de la M365 est une batterie “10S3P”, ce qui signifie que la batterie est une combinaison de 10 cellules en série, et chaque cellule possède trois “piles”. Ce qui nous fait au total, pour la batterie d’origine, une batterie de 36v à 7800 mAh. Le fait de mettre des piles en série (le + de l’un va au moins de l’autre) nous permet de sommer leur voltage, alors que les mettre en parallèles (tous les + et – sont reliés ensembles) permet d’additionner leurs capacités. Sachant qu’une pile fait 3.6V de tension et 2600 mAh, le calcul est assez simple :

  • 10 cellules en série = on additionne la tension : 3.6 V *10 = 36V
  • 3 piles en parallèle = on additionne leur capacité : 2600 mAh * 3 = 7800 mAh

Vous l’avez peut-être déjà compris, mais pour ajouter de la capacité à la trottinette, il suffit “simplement” d’ajouter des piles en parallèle. Au lieu d’aller modifier la batterie actuelle, le moyen le plus simple et d’ajouter une batterie de 36 V en parallèle à celle déjà présente. Et pour cela, j’ai désossé mon ancienne trottinette pour récupérer sa batterie. Une batterie 10S2P de 36V avec une capacité 5800 mAh pour une masse de 900 grammes. Une bonne batterie (10000 à 12000 mAh) est trouvable pour 80/100 € sur internet. Pour ma part, et pour commencer, cette petite batterie de 5800 mAh me sera suffisant, je pourrai d’ailleurs à tout moment en rajouter une (pour en faire trois) et ainsi avoir une autonomie record !

Pour placer la batterie, j’ai opté pour une sacoche qui se place au niveau haut de la potence, pour une dizaine d’euros sur Aliexpress.

Pour le reste voici le matériel utilisé : du câble électrique et des connecteurs XT30 et XT60 pour connecter les batteries. Sans compter sur un fer à souder, un voltmètre, de la gaine thermorétractable, une visseuse et du ruban adhésif isolant.

Bien passons à la pratique. Pour mon petit projet, j’ai tenté de faire les choses propres, avec un minimum de câbles visibles. La sacoche étant placée assez haut, il a fallu que je fasse passer les câbles (j’ai opté pour du simple câble électrique) dans la potence. Assez simple à faire, j’ai simplement enlevé les petits caches en caoutchouc pour les faire passer.

La deuxième étape était de les faire arriver au niveau de la batterie d’origine. Sur la Xiaomi M365, elle se trouve sous la trottinette. C’est donc avec une visseuse que je me suis amusé à enlever les 17 vis du dessous.



Sur la photo ci-dessus, vous pouvez voir à gauche l’électronique gérant les différents éléments de la trottinette, et à droites, celles avec des piles violettes, la batterie d’origine. Elle n’est pas visuellement jolie (entouré de scotch) car j’ai dû à plusieurs reprises, reprendre des soudures dessus (mais ça c’est une histoire). Revenons à nos câbles, on les fait passer une dernière fois passer à travers l’aluminium pour les faire atteindre la batterie d’origine.

Pour la suite, le fer à souder devient notre meilleur ami. En effet, à présent il faut réaliser un connecteur en “Y” où le “+” des deux batteries iront sur le “+” du connecteur final et les deux “-” sur le “-” du connecteur final. J’appelle connecteur final, celui qui regroupe toutes les batteries et qui viendra se loger dans la carte électronique de la trottinette.

Bon, je suis loin d’avoir parfaitement réussi mes soudures, mais le résultat est là : mon connecteur en Y est soudé et protégé par de la gaine thermorétractable. Avant de continuer, un premier test s’impose : brancher la batterie au connecteur femelle XT30 que j’ai soudé, et brancher le connecteur XT30 male regroupant les deux câbles à l’électronique. Si tout est ok, la trottinette s’allume sans problème. C’était mon cas, donc j’ai tout débranché et continué.

Pour la suite, c’est du côté de la potence que l’on va regarder. J’ai d’abord installé la sacoche en l’a centrant au maximum. Celle que j’ai choisi permet quatre fixations : deux sur la potence et deux sur le guidon. La placer m’a permis aussi de couper mes deux câbles à la bonne longueur.

Pour tenter de garantir un maximum d’étanchéité (électricité et eau ne font pas bon ménage), j’ai réalisé deux petits trous à la perceuse sur la partie basse de la sacoche. J’ai ensuite isolé le tout avec un petit coup de pistolet à colle à l’intérieur (on fait avec les moyens du bord).

Ma batterie possédant un connecteur femelle XT60 (le même que XT30, mais en plus gros), j’ai naturellement soudé à ces fils un connecteur XT60 femelle acheté quelques dizaines de centimes sur Aliexpress.

Et à partir de là, théoriquement, tout est terminé ! En effet, il ne reste plus qu’à brancher les deux batteries et c’est parti. MAIS, je dis bien mais : une étape importante et cruciale et à réaliser. Premièrement, à l’aide du mode continuité du multimètre, il faut vérifier que les côtés + et – ne sont pas relier. Etape importante pour éviter toute catastrophe. Ensuite, une des règles importantes concernant les batteries, lorsqu’on les met en parallèle, il faut qu’elles aient exactement les même tensions (à 0.1 V près). Sans quoi l’une des batteries risque de se vider d’un coup dans l’autre, et le résultat peut être extrêmement dangereux et grave. Après vérification je branche les batteries à leur connecteur respectif.

On mesure donc le tout avec un voltmètre, et on charge ou décharge l’un des deux batteries pour atteindre la même tension.

Avec une tension quasi identique, la magie peut avoir lieu. Dans un premier temps, j’ai (avec une petite peur) brancher les deux batteries sur le câble récemment fabriqué, sans les brancher à l’électronique. Une fois branché, on mesure une tension correcte, c’est du tout bon !

Je branche donc le connecteur Y à la trottinette, je tente de l’allumer et “biiippp”, la trottinette s’allume avec deux batteries différentes en série ! On fixe donc le câble et je suis prêt à refermer le cache.

La partie huile de coude est à présent terminée, sans pour autant qu’on en est fini. En effet, dans de rare cas, lorsque deux batteries sont en parallèles, la batterie principale passe en mode charge, ce qui occasionne un arrêt total de la trottinette. Il est donc nécessaire de modifier le firmware pour supprimer ce “mode charge”. Le site permettant de modifier le firmware s’appelle Botox (lien à cette adresse) et vous trouverez une définition de chaque option à cette adresse.

Et … c’est tout ! Après installation du firmware, la trottinette roule sans aucun problème, et le gain d’autonomie est perceptible. Là où je faisais entre 10 et 11 km au maximum, je peux à présent rouler 16 à 17 km. Certes, le gain n’est pas monstrueux (la batterie ajoutée est assez petite), mais cela prouve que cela fonctionne. En effet, maintenant que tout le montage est fait, je peux facilement changer de batterie (voir en rajouter une troisième) pour augmenter encore l’autonomie.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poster en commentaires, je me ferai un plaisir d’y répondre !

Roxarmy Auteur

Blogueur durant ses heures perdues. Adore l'informatique, les mangas et le high-tech mais aussi et surtout jouer !

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