Bayala, ce croisement kawaii entre le Seigneur des Anneaux et Games of Throne

Rien que par leur manière de véhiculer des messages au jeune public, les films d’animation sont riches en enseignement sur l’âme, la culture et la mentalité d’un pays. Co-réalisé par les vétérans de l’animation télévisuelle Aina Jarvine et Federico Milella, en quoi Bayala, film fantastique germano luxembourgeois est un parfait exemple de cette assertion ?

Avec la disparition des dragons, la magie quitte peu à peu le royaume de Bayala. Quand par hasard la jeune elfe Marveen découvre un œuf, elle entreprend avec l’aide de la royauté de retrouver les parents Dragons. Toutefois restaurer un peu de la féerie du pays suscite la convoitise et la soif de pouvoir de la redoutable Ophira, Reine des Elfes des Ombres.

Bayala est une aventure initiatique pour un groupe de compagnons avec en figure de proue une jeune héroïne courageuse, intrépide et plutôt douée. En cela la narration de Bayala possède des caractéristiques assez proches de celle du Seigneur des Anneaux sans le côté sombre et avec une représentation féminine bien plus marquée.

Les scénaristes ont su donner au film une tonalité contemporaine avec des dialogues modernes entre protagonistes et des comportement certes  stéréotypes mais pas trop lourdement pour faire comprendre qu’il s’agit de caricatures d’attitudes bien réelles dont font preuve certains gouvernants de notre société.

Classique le recours à l’emploi d’animaux comme éléments comiques fonctionne plutôt bien. Cependant leur rôle ne se résume pas seulement à l’humour. Que ce soit sur terre à travers Lykos le loup, sur l’eau via Piuh le raton laveur ou dans les airs avec Kuack le perroquet, chacun possède un trait de caractère bien marqué qui s’avéra salvateur en temps utile.

Contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre quand il s’agit de magie, de dragons, de fées et bien qu’elle soit par moment suggérée la romance avec un grand R n’est pas vraiment le centre de gravité autour duquel s’agrègent les événements de Bayala. Il est plutôt question de thèmes en vogue actuellement tels que la confiance en soi, l’identité  et le droit à la différence.

D’un point de vue technique, l’animation 3D est de bonne facture. La modélisation profite bien plus aux animaux qu’aux elfes notamment au niveau des expressions des visages. Bayala offre malgré tout un spectacle particulièrement coloré avec une grosse dominante de rose, de violet et de vert   et des décors richement dotés d’éléments visuels.

Totalement à l’aise avec le cinéma d’animation comme le démontre son travail pour Louise en hiver et Le Tableau, Pascal Le Pennec a su donner à Bayala un souffle épique indispensable à tout film d’aventure digne de ce nom. Des compositions enjouées alternent avec justesse à d’émouvants  thèmes emprunts d’une certaine mélancolie.

Suffisamment peu fréquent pour être signalé losqu’il s’agit de productions non issues de gros studios, Bayala existe sous la forme d’un jeu vidéo de plateforme reprenant les moments clé de l’aventure. Développé par Independent Arts Software et distribué par Wild River la division gaming de l’éditeur munichois EuroVideo Medien, il est disponible depuis le 29 octobre sur PS4, Nintendo Switch et PC.

création du fabricant de jouets Schleich, Bayala le film est une agréable surprise. Avec renfort de fées et de bon sentiments l’aventure plaira surement aux petites filles mais pas que. Évitant adroitement certaines évidences attendues , ce croisement kawaii entre le Seigneur des Anneaux et Games of Throne, divertira tous ceux qui savent encore s’émerveiller.


Bayala
Sortie en salle, le 05 février 2020

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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