6ème festival du film russe de Paris, Quand les Russes nous étonnent

En cette période difficile pour le cinéma où certains pays se voient contraints de fermer leurs salles, le festival  Quand les Russes s’est tenu juste à temps du 2 au 9 mars. Pour cette 6eme édition l’équipe de Marc Ruscart a choisi d’étonner les festivaliers avec une sélection de longs et courts métrages sur cette thématique.

5 lieux parisiens connus des cinéphiles accueillaient l’événement : le Balzac, le Max Linder Le Studio 29, le Christine 21 et le Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe. S’il était prévu une rencontre avec le réalisateur Alexandre Sokourov, vu les circonstances elle s’est effectuée lundi 9 à 18h en visioconférence au Max Linder.
En clôture la projection de son film Les Jours de l’éclipse était accompagnée d’une vidéo de présentation enregistrée pour l’occasion.  Il était également possible d’apprécier au cinéma Christine sa vision de Faust 4ème opus de sa tétralogie sur le pouvoir pour lequel il a obtenu un Lion d’or à la Mostra de Venise.
Le festival a fait la part belle au cinéma russe récent en mettant en compétition dans la catégorie longs uniquement des 1ers ou 2nds films comme La Grande Poésie d’Alexandre Lounguine, fils de Pavel, le Taureau de Boris Akopov qui revient sur les année 90, La Mort vous va si bien de Boris Guts filmé sur portable ou encore La Fidélité de Niguina Saïfoullaeva.

Lundi après-midi était le moment idéal pour apprécier dans le cadre de la carte blanche donnée à Mosfilm le léger et déroutant J’me balade dans Moscou de Guéorgui Daniéla avec la lumineuse Inna Tchourikova et Nikita Mikhalkov qui l’engagera 48 ans plus tard pour jouer dans son troisième  volet de Soleil trompeur.

Après son subversif Garçon de Course projeté en 2018 lors de l’édition Quand les Russes rêvent, Karen Chakhnazarov était de retour dans le festival avec la Salle n°6. A travers son adaptation de la nouvelle d’Anton Tchekov, le réalisateur de l’absurde Ville Zéro invite de nouveau à la réflexion sur la fine frontière séparant la folie de la normalité.

Si vous avez manqué l’hommage à Serguei Bodrov composé de la Liberté c’est le Paradis, le Prisonnier du Caucase et Mongol retraçant le destin de Gengis Khan, peut être que l’un ces films fera l’objet d’une reprogrammation comme cela a été le cas pour l’homme amphibie l’adaptation du roman de science-fiction d’Alexandre Beliaïev.

Également projeté en avant-première l’an dernier et même s’il est plus facile à voir notamment en DVD grâce à sa sortie dans les salles françaises, L’Homme qui a surpris tout le Monde de Natalia Merkoulova et Alexeï Tchoupov méritait d’être vu pour son traitement d’un sujet particulièrement tendance en Europe et profondément tabou en Russie.

Le festival Quand les russes est aussi l’occasion de découvrir des courts métrages où l’animation, le cinéma de genre ou expérimental difficilement visibles ailleurs sont enfin à l’honneur. Des 7 courts en compétition, Complex Subject d’Olessia Yakovleva a reçu le Grand Prix tandis que Maman d’Anastasia Borissova a obtenu la mention spéciale du Jury.

En plus de son ambiance festive, la justesse de sa sélection et ses invités prestigieux le festival Quand Les Russes en distinguant par son grand prix catégorie long métrage La Fidélité de Niguina Saïfoullaeva a encore une fois prouvé qu’il était l’une des meilleures vitrines du cinéma russe en France. Soyez, vous aussi fidèle l’an prochain pour sa septième édition.

Festival Quand les Russes nous étonnent
Du 02 au 09 mars 2020

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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