Le Comte de Monte Cristo, La trahison respectueuse d’Alexandre Dumas en mode Batman

La contribution d’Alexandre Dumas au rayonnement de la littérature française est considérable. Des 3 mousquetaires à la Reine Margot en passant par Joseph Balsamo ses œuvres ont maintes fois été adaptées au cinéma et à la tv. Le Comte de Monte Cristo qui sort en salle ce 28 juin trahira-t-il l’illustre auteur ?

Promu capitaine pour avoir sauvée des eaux une inconnue, Edmond Dantès envisage de se marier à Mercedes. Il suscite la jalousie du cousin de cette dernière qui parvient avec la complicité du capitaine déchu et du substitut du procureur à le faire enjôler au château d’If en tant que conspirateur bonapartiste.

Après le succès de leur diptyque Les 3 Mousquetaires, exceptionnellement pour la fête du cinéma, Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte proposent leur dernier film. Calqué sur le modèle des superproductions américaines, ce Comte de Monte Cristo année 2024 a bénéficié de moyens conséquents.

Après la projection en avant-première organisée par Allociné, la décontraction régnait pour une partie de l’équipe du film à savoir l’acteur en vogue du moment Pierre Niney qui incarne Edmond Dantès et le jeune Vassili Schneider qui joue Albert de Morsac pièce majeure au sein de la stratégie de vengeance du comte.

Toute l’histoire s’articule autour de ce thème respectant ainsi le roman d’Alexandre Dumas même si vu sa densité certains aspects ont dû être oblitéré. Également présent le duo de réalisateurs mais aussi scénaristes ont admis des trahisons malgré les 3 heures que dure le film, l’œuvre est globalement respectée.

Toutefois pour plaire à un public contemporain biberonnés aux films de super héros, le Comte de Monte Cristo version 2024 dans son traitement apparait bel et bien comme un Vengeur. Nombre d’analogies peuvent ainsi être relevées avec le Batman de DC dans sa façon sombre et brutale de rendre la justice.

L’enthousiasme autour de Pierre Niney se voit parfaitement justifié dans ce film. Les armes qu’il a fait à la Comédie Française ont parlé. L’acteur interprète son rôle avec une maestria à la hauteur de ses brillants prédécesseurs y compris Jacques Weber sous la direction de Denys de la Patellière et père d’Alexandre.

Pour autant le reste du casting n’est pas évincé outre un Vassili Schneider touchant de sensibilité le trio Bouillon, Lafitte et Mille fonctionne à merveille. Du côté des femmes, Anais Demoustier est particulièrement convaincante en Mercedes pétrie par son sentiment de culpabilité, son attirance et sa peur du comte.

De telles performance s’expliquent aussi par des costumes réalistes car parfois d’époque, des décors extérieurs impressionnants avec des prises de vue audacieuses et des intérieurs lugubres ou majestueux. L’ensemble est magnifiquement retranscrit avec un travail sur la lumière et un jeu de couleur saisissant.

Seul bémol d’importance à ce tableau dithyrambique, la bande originale par Jérôme Rebotier n’est pas particulièrement marquante. Habitué à composer pour des productions françaises, il n’a pas réussi à insuffler à la musique du film un style aussi épique que l’on pourrait attendre d’un long métrage de cape et d’épée.

Le Comte de Monte Cristo version de La Patellière et Delaporte n’en demeure pas moins le film français incontournable de cette année à voir dans les meilleures conditions. Trahie mais avec beaucoup de respect, l’œuvre de Dumas trouve un nouvel écrin façon Batman qui encore une fois met en valeur tout le génie de son auteur.


Le Comte de Monte Cristo
En salle le 28 juin 2024

Silverword Auteur

Critique de Cinéma, Spécialiste High Tech, Gameur old School, le Triangle Infernal

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