Après The Holy Boy, sorti le 2 septembre, un autre film projeté durant le FEFFS 2025 arrive en salle ce 9 septembre. Franco-britannique et présenté dans la catégorie Midnight Movies, Flush fait figure d’exception. Comment ce huis clos se déroulant dans la cuvette de toilettes réalise-t-il l’exploit d’être captivant du début à la fin ?

Luc, toxicomane à la dérive, se rend dans le bar où travaille son ex-compagne Valentine avec l’espoir de la reconquérir et de reformer leur famille. Après avoir tenté de voler la drogue d’un dealer, il se retrouve laissé pour mort, la tête coincée dans des toilettes. Une longue nuit commence alors pour tenter de s’en sortir.
Flush est le premier long métrage de Grégory Morin. Le réalisateur a auparavant signé plusieurs courts métrages dont Paris by Night of the Living Dead, ainsi que des publicités pour Ubisoft. Son scénariste David Neiss connaît aussi l’éditeur après avoir écrit Rayman 2 et Rayman 3, puis participé à plusieurs Ghost Recon.
Un homme avec la tête coincée dans des toilettes constitue un concept amusant pour un court métrage. Tenir 70 minutes relève davantage du pari. Grégory Morin transforme alors son décor en véritable piège. Les quelques mètres carrés disponibles deviennent une prison dont Luc semble incapable de s’échapper.
L’humour naît surtout de l’accumulation des catastrophes. Une situation déjà désespérée trouve toujours le moyen d’empirer. Un rat amateur de cocaïne participe au calvaire tandis que les trafiquants continuent de rôder. Cette surenchère rythme efficacement le récit, permettant ainsi à Flush d’éviter tout essoufflement.
Jonathan Lambert possède le profil idéal pour incarner ce perdant magnifique. Sa mobilité réduite contraint l’acteur à faire reposer une grande partie de son interprétation sur son visage. Luc provoque ainsi le rire avant que son obstination à survivre et toutes ses souffrances finissent par susciter une certaine affection.
Luc porte une lourde responsabilité dans sa situation. Sa dépendance à la cocaïne, ses mensonges et ses mauvaises décisions ont détruit sa famille. Flush transforme alors son enfermement en étrange chemin de croix. Pour sortir la tête du trou, le personnage doit commencer par affronter les raisons qui l’y ont conduit.
Élodie Navarre apporte un contrepoint indispensable. Valentine rappelle que derrière les mésaventures grotesques de Luc se trouvent une femme et une enfant victimes de son comportement. Elliot Jenicot et Rémy Adriaens alimentent la dimension criminelle du récit tout en permettant au huis clos de se renouveler.
Flush s’inscrit dans la catégorie cinéma de genre par le biais de plusieurs séquences qui basculent franchement dans le gore. Grégory Morin veille toutefois à ne jamais laisser la violence prendre le dessus. L’absurde côtoie ainsi la souffrance dans un équilibre efficace malgré quelques provocations excessives.
Flush n’étire jamais artificiellement son concept pour atteindre les standards habituels d’un long métrage. Les événements s’enchaînent durant 70 min sans temps mort. Ce choix s’avère plutôt judicieux puisque ce format relativement court permet au film de maintenir son rythme sans jamais épuiser son idée de départ.
Avec Flush, Grégory Morin transforme une idée digne d’une mauvaise blague en huis clos captivant grâce à une mise en scène inventive et un rythme sans temps mort. La créativité, associée à l’impressionnant engagement de Jonathan Lambert, permet ainsi à ce film au budget limité de réussir brillamment son improbable pari.
Flush, le genre au fond du trou
