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Dolly, une poupée loin d’être de porcelaine

Présenté au Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg 2025Dolly s’inscrit dans la tradition du slasher rural. Programmé dans la catégorie Midnight Movies, le film affiche l’ambition de retrouver la brutalité du cinéma d’horreur des années 70 tout en flirtant avec l’extrémisme moderne. Cette intention s’avère-t-elle totalement convaincante ?

En randonnée dans une zone rurale, un jeune couple est intrigué par le son d’une radio. Guidés par l’émission, ils découvrent dans une forêt une collection de poupées. Pensant venir en aide à une femme, Billy se fait violemment attaquer tandis que Macy est capturée et emmenée dans la maison de l’agresseuse.

Dolly est un véritable hommage au cinéma d’exploitation rendu par son réalisateur Rod Blackhurst. L’image granuleuse tournée en 16 mm renforce cette impression de film brut et presque sale. Les décors ruraux, la maison isolée et la sensation d’abandon permanent installent une ambiance lourde, pesante et malaisante.

La véritable singularité du film repose sur son antagoniste. Dolly, incarnée par la catcheuse Max the Impaler, impressionne par sa stature massive. Elle se comporte comme une petite fille à l’esprit limité qui ne cherche pas seulement à capturer ses victimes. Elle veut jouer avec elles, les considérant comme ses propres poupées.

Sur la forme, Dolly rappelle évidemment certaines figures du cinéma d’horreur rural, notamment Massacre à la tronçonneuse. Sur le fond, le film propose un parallèle intéressant avec le chef-d’œuvre d’animation de René Laloux La Planète sauvage et ses enfants bleus de géants extraterrestres qui jouent avec les Oms.

Macy, interprétée par l’actrice Fabianne Therese, se révèle totalement crédible en victime plongée dans une situation aussi absurde que terrifiante. Son jeu repose surtout sur la tension physique et l’expression de la peur. Face à la présence écrasante de Dolly, elle parvient à maintenir l’intérêt dans de nombreuses scènes.

Autour d’elle et de son compagnon gravite une galerie de personnages secondaires qui participent à l’atmosphère étrange du film. La plupart apparaissent brièvement et servent avant tout à nourrir la mécanique du récit. Leur présence élargit quelque peu l’univers de Dolly et illustre l’isolement inquiétant des lieux.

Avec une durée de 83 minutes, Dolly avance rapidement sans s’encombrer d’intrigues inutiles. Le film privilégie l’impact immédiat. Brutal, gore mais aussi parfois grotesque, il repousse certaines limites du genre. Cette approche fonctionne principalement grâce au personnage central et à l’ambiance irréelle qui traverse le film.

La bande originale est signée Nick Bohun, qui avait déjà collaboré avec Rod Blackhurst sur Blood for Dust. Elle privilégie des nappes sonores sombres et des textures minimalistes qui renforcent le malaise. Cette approche laisse également beaucoup de place aux silences et aux bruits naturels de la forêt, ce qui accentue la tension.

Dolly assume pleinement son héritage du cinéma d’horreur des années 70, Rod Blackhurst y a mis toutes ses tripes. Marquée par Massacre à la tronçonneuse, cette poupée loin d’être de porcelaine trouve toute sa singularité dans ce personnage de géante infantile. Brutale, étrange et excessive, elle convaincra tout amateur curieux de cinéma de genre.


Dolly
Sortie en salles le 01 Avril 2026

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