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9eme Festival du Film Fantastique de Strasbourg avec A Swiss Army Man et Détour

Strasbourg n’est pas seulement une eurométropole. Elle accueille en son sein un festival du film véritablement fantastique au sens propre comme au figuré. Le FEFFS prend ses quartiers dans un village éphémère où Halloween se fête chaque jour et duquel émerge la nuit tombée un poulpe bien mystérieux.
img_0968Sa main mise sur la ville atteint son apothéose notamment dans les salles obscures. Ainsi au Vox et à l’occasion de la cérémonie d’ouverture j’ai observé de surprenants symptômes. Comme si de rien des hôtesses Ziggy Stardust, un mime jongleur et une Starwoman officiaient devant un public conquis.
La projection de A Swiss Army Man a confirmé que le Vox avait plongé dans une zone à la frontière du réel. Réalisé par les Daniels Kwan et Scheinert, cet ovni réunit Paul Dano l’ado mutique de Little Miss Sunshine et Daniel Radcliffe qui cherche par tous les moyens de se défaire du personnage d’Harry Potter.

En incarnant un cadavre pétomane qui redonne peu à peu goût à la vie d’un jeune homme suicidaire son objectif est largement atteint. Passé l’effet comique, l’homme couteau suisse est un film bien plus profond qu’il n’y parait. Ce plaidoyer pour la vie doit beaucoup au jeu émouvant de Paul Dano.
Dans un contexte plutôt déjanté, il parvient avec Daniel Radcliffe à provoquer une véritable empathie pour son personnage. Il se dégage un certain romantisme particulièrement durant les moments complices partagés par ce Robinson des villes et son macchabée de Vendredi.
Le final de cette odyssée fantastique a été littéralement applaudi par la salle. Récompensée par le prix de la mise en scène au festival de Sundance 2016, la caméra des Daniels filme à dessein une nature verdoyante peu à peu réapprivoisée véhiculantau passage  un message évident écologique.

La tonalité du festival en place, j’ai ensuite assisté à un cross over de Sailor et Lula et de Memento avec Detour de Christopher Smith. Harper étudiant en droit est convaincu que son beaupère est responsable du coma dans lequel sombre sa mère.
Passiblement éméché  il promet à Johnny une petite frappe rencontré dans un bar une belle somme  pour l’éliminer. Alors qu’il a changé d’idée il se voit contraint d’exécuter le plan quand Johnny se présente chez lui accompagné d’une fille qu’il tient sous sa coupe.
Après avoir incarné Cyclope jeune dans X-Men : Apocalypse, Tye Sheridan est parfaitement crédible dans son rôle d’anti-héros. Sa situation est d’autant plus accentuée quand il se trouve aux côtés de Bel Powley au regard aussi hypnotique que sulfureux.
En plus de ses personnages attachants avec une mention spéciale pour le policier, la subtilité du montage fait de Detour un film à lectures multiples. Il s’en dégage l’impression de voir quasiment sur écran un livre dont on est le héro grâce aux pensées en voix off qu’Harper partage avec le spectateur.
Le split screen à la Brian de Palma confère à Detour une esthétique efficace. Sans machine à remonter le temps, le réalisateur met brillamment en scène le questionnement que tout le monde s’est posé un jour : que se serait il passé si j’avais choisi de faire autrement à ce moment là.
Sans être surnaturel ou horrifique, Detour est un road trip dramatique fantastiquement orchestré pour mériter d’y faire un crochet quand il sortira en salle. Les critiques des films que j’ai vu durant le festival de Strasbourg se poursuivront dans mon prochain mon compte rendu ciné.
J’y évoquerai également les rencontres incroyables que j’ai faites, vous auriez tort de manquer ça.

A Swiss Army Man 
Aucune date de sortie en France pour le moment

Detour
Aucune date de sortie en France pour le moment

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